Il est myope, il ne distingue bien que le bleu et le jaune, et il voit les mouvements deux fois mieux que nous. Puis il baisse le nez, et il accède à une couche d'information dont nous n'avons aucune idée.
Nous partageons le même trottoir, la même pièce, la même promenade. Mais nous ne partageons presque rien de ce qui s'y trouve.
C'est faux ! Certes leurs capacités visuelles sont plus limitées que les nôtres. Ils restent néanmoins capables de distinguer les couleurs. Ou du moins, certaines d'entre elles.
Rappel importantLa perception des images est construite à partir des photorécepteurs.
Ceux en forme de bâtonnets nous permettent de percevoir la lumière, ceux en forme de cônes, de distinguer les couleurs. La perception des couleurs dépend de ces photorécepteurs et de l'interprétation qu'en fait le cerveau.
Les chiens sont myopes par nature, certaines races, comme le Berger allemand, plus que d'autres.
Les chiens perçoivent mieux les mouvements que les humains. Ils enregistrent 50 images/seconde alors que nous n'en percevons que 20.
Le chien est bichromate : sa rétine ne dispose que de 2 types de cônes. Il ne distingue bien que le bleu et le jaune. Les couleurs perçues sont également plus ternes.
Leur champ de vision est plus large que le nôtre. Il s'étend sur 240° contre 180° pour les humains.
Les chiens ont du mal à évaluer les distances de façon précise.
Pour essayer de découvrir le monde avec les yeux d'un chien, essayez l'application Dog Vision HD.
On le sait : le chien « sent bien ». Mais on ne réalise pas à quel point son nez est une machine scientifique redoutable.
L'odorat est le sens le plus primitif du chien, et surtout : le plus connecté à ses structures cérébrales.
Quand il utilise son nez, votre chien :
C'est un travail cognitif complet. Résultat : fatigue saine garantie (bien plus qu'une balade excitante à courir partout).
Pour un chien, tout ce qui l'entoure possède une signature olfactive :
Oui, votre chien voyage dans le temps par l'odeur.
Une odeur ancienne n'a pas la même intensité qu'une odeur fraîche. Une odeur déplacée par le vent ne raconte pas la même histoire qu'une odeur piégée au sol.
Là où nous voyons une route… le chien voit une bibliothèque de données.
Le seul mammifère qui surpasse le chien ? L'ours.
Le chien n'est pas très loin derrière, selon les races et l'individu. Mais surtout : il possède une véritable « seconde interface olfactive ».
Le chien possède un organe supplémentaire situé dans la cavité nasale : l'organe voméro-nasal, ou organe de Jacobson.
L'odorat est une interface émotionnelle, pas seulement un sens.
C'est une des premières choses qu'on observe en bilan comportemental, à domicile.
C'est contre-intuitif pour beaucoup d'humains…
…mais 45 minutes d'olfaction structurée fatiguent davantage un chien que 2 heures de course.
Pourquoi ? Parce qu'on stimule :
L'olfaction n'est pas une balade « cool ». C'est un sport cérébral.
Offrir des activités olfactives, c'est offrir de la qualité de vie.
Lues séparément, les deux parties de cet article décrivent deux sens. Lues ensemble, elles décrivent un système : chaque limite visuelle du chien a sa compensation olfactive. Ce n'est pas un hasard, c'est une répartition des rôles.
Ça éclaire deux comportements que les humains vivent mal au quotidien. Le premier : votre chien vous « ignore » quand vous l'appelez de loin alors qu'il vous regarde. À trente mètres, il voit une silhouette floue qui bouge — pas votre visage, pas votre expression. Il n'y a rien à ignorer, il y a quelque chose qu'il n'a pas encore identifié. Un chien vérifie souvent au nez ce que l'œil lui a mal dit.
Le second : le chien qui s'arrête net sur un carré de trottoir sans intérêt apparent. Pour nous c'est un temps mort. Pour lui, c'est le seul moment de la balade où il accède à l'information la plus riche de sa journée. Le presser à ce moment-là, c'est éteindre l'écran pendant qu'il lit.
C'est aussi pour ça qu'un chien qu'on fatigue « par la course » reste souvent excité, alors qu'un chien qu'on laisse flairer rentre calme. Courir sollicite un corps. Flairer sollicite un cerveau.
La vue et l'odorat sont les deux sens qui expliquent le plus de malentendus au quotidien. Les trois autres comptent aussi, plus discrètement.
Le chien entend des fréquences bien plus aiguës que nous, inaudibles pour l'oreille humaine. Ses oreilles s'orientent indépendamment l'une de l'autre pour localiser une source. Un chien qui semble réagir « à rien » a souvent entendu quelque chose.
Les vibrisses — ces poils raides sur le museau et au-dessus des yeux — sont des capteurs, pas de la décoration. Elles renseignent sur les obstacles proches, précisément là où sa vue est la moins nette. Les couper le prive d'information.
C'est son sens le moins développé, très en retrait par rapport à l'odorat. Ce qu'on prend pour de la gourmandise ou de la difficulté alimentaire se joue en réalité surtout au nez, avant que la bouche n'intervienne.
Votre chien ne voit pas ce que vous voyez, et il perçoit une couche entière de réalité qui vous est fermée. Ce n'est pas un détail d'éthologie : c'est la raison pour laquelle vous n'êtes pas toujours d'accord sur ce qui vient de se passer.
La bonne nouvelle, c'est que la conséquence pratique tient en une phrase : laissez-le utiliser son nez, et cessez d'exiger de ses yeux ce qu'ils ne peuvent pas faire.
Offrir des activités olfactives, c'est offrir de la qualité de vie.
— AmikaninAmikanin, c'est une approche moderne et scientifique du bien-être canin, à domicile, autour de trois piliers.
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Découvrir →Les idées reçues qui reviennent le plus souvent.
Non, c'est faux. Le chien est bichromate : sa rétine ne dispose que de 2 types de cônes, contre 3 chez l'humain. Il distingue bien le bleu et le jaune, et perçoit les couleurs de façon plus terne que nous — mais il les perçoit.
Essentiellement le bleu et le jaune. C'est très concret quand on achète un jouet : une balle rouge posée dans l'herbe verte est, pour lui, difficile à repérer visuellement — il la retrouvera au nez. Un jouet bleu ou jaune reste beaucoup plus lisible.
Parce que les chiens sont myopes par nature et évaluent mal les distances. À plusieurs dizaines de mètres, il voit une silhouette floue en mouvement, pas votre visage. Il vérifie souvent au nez ce que l'œil lui a mal dit — ce n'est pas de l'ignorance, c'est une identification en cours.
C'est un organe supplémentaire situé dans la cavité nasale, aussi appelé organe voméro-nasal. Il détecte les phéromones, les hormones et les marqueurs émotionnels. C'est ce qui permet à un chien de sentir qu'un congénère est stressé, qu'un humain a peur, qu'une femelle est en chaleur ou qu'un individu est malade.
Oui. 45 minutes d'olfaction structurée fatiguent davantage un chien que 2 heures de course, parce qu'on sollicite sa cognition, sa prise d'information, sa régulation émotionnelle, son auto-contrôle et sa concentration. Courir sollicite un corps ; flairer sollicite un cerveau.
Voir les balades collectives →Oui, c'est même la partie la plus utile de la sortie. Là où nous voyons une route, le chien voit une bibliothèque de données : qui était là, quand, dans quel état émotionnel et reparti dans quelle direction. Écourter systématiquement les arrêts olfactifs revient à éteindre l'écran pendant qu'il lit.
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