Les alternatives à la balle : l’usage ludique

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Oui, courir après une balle exacerbe les instincts de prédation du chien. Le problème, avec les activités en lien avec les mécanismes  de survie, est que ce processus s’accompagne d’une forte libération d’hormones. Sous l’effet de celles-ci, le chien devient plus alerte et plus performant : le métabolisme ainsi que les rythmes cardiaque et respiratoire sont accélérés, tandis que certaines fonctions sont mises au repos : les systèmes immunitaire, nerveux et la digestion.

De nos jours, le chien de compagnie n’a plus besoin de survivre, bien qu’il ai gardé les “outils” permettant de le faire. La survie est un instinct et non pas un besoin. En tant que responsable du bien-être de notre chien, nous nous devons de répondre à ses besoin et non pas à ses instincts.

J’utilise la balle pour… dépenser mon chien

À l’état sauvage, le chien dépense son capital d’énergie par une multitude d’activités où sa réflexion ainsi que tous ses sens sont mobilisés :

  • Parcourir de longues distances à la recherche de nourriture ;
  • La pister à l’aide de son flair et la chasser pour obtenir son repas ;
  • Surveiller et défendre son territoire, sa famille ;
  • Entretenir des liens sociaux, se reproduire.

Les jeux de lancer ne sont pas suffisants pour combler sa dépense énergétique quotidienne – d’autant plus que l’entraînement physique augmente l’endurance. Un chien qui court après la balle, n’a pas de réflexion. Il réitère sans cesse les même mouvements et mécanismes. Sachez-le, en termes de dépense énergétique, l’activité cognitive est bien plus énergivore que l’activité physique.

L’alternative : Une promenade de minimum 45 minutes, en liberté, dans la nature, avec des congénères, exempte de toute excitation, mobilisera toutes les capacités de votre chien. Elle travaillera sa force physique, comme cognitive. Fatigue saine au rendez-vous !

J’utilise la balle pour… que mon chien s’amuse !

Les jeux de lancer ont la particularité d’être hautement excitable. Le chien donne l’impression de les adorer, car il est extatique. Les pionniers du comportement canin ont d’ailleurs observé une réelle dépendance à ces activités. L’euphorie constatée est similaire à celle provoquée par la consommation de drogue.

Gordon M. Burghardt, expert du comportement animal à l’université du Tennessee, a fait émerger 5 critères de jeu pour les animaux :

  • le comportement doit être spontané et enrichissant pour l’individu ;
  • il doit avoir un but immédiat pour l’individu ;
  • le jeu doit être générateur de nouveauté ;
  • le jeu doit être exempt de stéréotypes, d’actions individuelles répétées ;
  • le comportement ne doit pas produire de maladie ou de stress.

Si le jeu de balle peut être proposé spontanément par certains chiens, cette activité ne répond à aucun autres critères définis.

L’alternative : Un chien heureux est un aventurier qui utilise ses capacités physiques et cognitives. Proposez-lui des activités variées, qui le font réfléchir, comme des jeux d’olfaction, de réflexion, la recherche d’objets, de nourritures, etc.

J’utilise la balle pour… partager un moment !

Lorsque votre chien attrape la balle à répétition, se crée une “autoroute neuronale” néfaste, entraînant la production d’adrénaline et de dopamine. Ces hormones, en plus d’être addictives, inhibent l’emprunt des autres chemins neuronaux – comme se reposer, boire, partager, etc.

Votre chien ne pense plus à se reposer. Il ne pense plus au moment partagé avec vous. Il ne pense qu’à la balle.

Partager un moment avec son chien est indispensable pour renforcer votre lien. Celui-ci sera plus sain si vous lui proposez des activités basées sur la confiance mutuelle et non pas sur l’explosion de son excitabilité.

L’alternative : Pour renforcer le lien de votre binôme, rien de mieux que : des promenades en forêts favorisant son autonomie, du mantrailing et des oeufs de Pâques. Pointez à votre chien une croquette oubliée dans l’herbe et c’est le lien de confiance garanti !

Vous souhaitez continuer de jouer à la balle ?

  • Les séances ne doivent jamais remplacer vos balades de qualité (minimum 45 min / jour) ;
  • Faites régulièrement des pauses pour que votre chien puisse redescendre un peu dans son excitation et que son taux de cortisol n’explose pas ;
  • Évitez au maximum le jeu de balle durant vos balades et supprimez-le lors d’interactions canines ;
  • Votre chien ne ressentira plus le besoin de boire ou de se reposer, pensez-y pour lui ;
  • À chaque lancé de balle, gardez à l’esprit que l’excitation d’aujourd’hui, crée les désagréments de demain.

Non, retirer les jeux de lancer ne supprimera pas l’instinct de prédation du chien. Celui-ci est inscrit dans son code génétique.

Cependant, il est possible de réguler cet instinct en évitant de renforcer les chemins neuronaux concernés. Ces-derniers affaiblis, il sera alors plus facile de faire appréhender à son chien qu’il doit renoncer, pour sa sécurité et celle des autres. Bien conscient que la balle est ancrée dans la culture populaire – films, publicités, goodies, familles, etc. – passons outre nos divers opinions et posons-nous la question : Pourquoi, alors que la prédation n’est pas tolérée dans notre société, les rayons de nos animaleries débordent d’outils et de gadgets la renforçant ?

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Éducateur canin Comportementaliste Diplômé d'état

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