Développement cérébral du chien #2

Amikanin > Éducation > Développement cérébral du chien #2

Dans le #1, nous avons abordé les concepts de l’individualisme et des périodes sensibles qui font pleinement partie du développement cérébral et comportemental des chiens.

Ces périodes sensibles sont indispensables pour que le chien ait les compétences comportementales nécessaires pour s’adapter à son environnement de vie. Pourtant, de nombreux facteurs peuvent influencer son développement, et ce dès les différentes périodes que nous allons étudiées ici.

De la fécondation de l’ovule de la mère, jusqu’aux derniers instants de vie du chien sénior, l’individu ne cessera d’être en perpétuelle évolution, de part sa génétique, ses apprentissages, son environnement, ses conditions de vie, etc.

La période prénatale

Dans le ventre de sa mère, on parle de période prénatale. Le développement du chiot se déroule ensuite en deux phases consécutives : embryonnaire puis foetale.

Cette période lui permet déjà de faire de nombreux apprentissages qui influenceront sa future personnalité et ses futures réactions comportementales.

  • Apprentissage tactile : Lorsqu’une chienne gestante apprécie les caresses qu’une personne lui fait, cela active son système nerveux parasympathique. Celui-ci va produire des hormones associées au bien-être, qui vont pouvoir passer la barrière placentaire et seront perçues par les chiots. Ces-derniers feront ainsi une association positive avec le contact humain avant même de naitre et seront plus aisément manipulables une fois nés.
  • Apprentissage olfactif : Si en phase prénatale et néonatale, les chiots n’ont pas encore développé leurs systèmes auditifs et visuels, l’un de leurs sens est déjà bien fonctionnnel : l’odorat ! L’équipe de chercheurs Deborah L. Wells et Peter G. Hepper ont démontré que le régime alimentaire de la mère durant sa gestation affectait les préférences alimentaires des chiots et ce, même 15 minutes à peine après la naissance. Cet apprentissage in utero montre qu’ils ont d’ores et déjà des capacités de discrimination d’odeurs et de rétention d’informations olfactives.

Attention ! Si une chienne gestante évolue dans un environnement humain qui lui offre des contacts agréables lors des soins, cela aura des bénéfices clairs pour les petits, qui apprendront dès leur période prénatale que le contact avec les humains est quelque chose de positif. Mais l’inverse est également possible !

Le stress prénatal négatif peut être provoqué par de nombreuses situations, comme des conditions de vie dans un groupe qui ne s’entend pas, des manipulations désagréables ou violentes, la privation alimentaire, etc.

Les petits dont la mère a été stressée négativement vont être eux-même plus stressés. Ceux-ci présentent des comportements d’exploration de l’environnement réduits, avec une méfiance plus prononcé pour l’inconnu. Le stress perçu pendant la période prénatale réduit également les capacités d’apprentissage de manière générale, et perturbe les capacités à s’adapter à son environnement.

La période néonatale

Le chien est une espèce nidicole, c’est-à-dire que les petits ne sont pas capables de quitter leur « nid » : ils doivent rester avec leur mère et leur fratrie.

Les petits ne sont pas autonomes, sont aveugles et sourds et ont besoin d’un adulte pour survivre. La période néonatale est donc une période de grande vulnérabilité pour les chiots.

Développé :

  • Systèmes olfactifs et tactiles
  • Réflexes primaires
  • Cerveau archaïque
  • Cerveau limbique

Non développé :

  • Systèmes auditifs et visuels
  • Motricité
  • Régulation de sa température
  • Capacité de faire ses besoins
  • Cortex
  • Imprégnation à l’espèce

L’imprégnation

C’est le fait qu’un individu va apprendre à reconnaitre ses parents et va avoir des relations sociales préférentielles avec les membres de son espèce.

À la naissance, les chiots ne savent pas à quelle espèce ils appartiennent, et ne savent pas reconnaitre les membres de leur espèce. Cela permet au chiot de pouvoir être élevé par une autre mère (quelque soit l’espèce) en cas de perte de sa mère biologique et ainsi augmenter les chances de survies des petits.

La nature est bien faite !

L’équipe de Guardini a mené plusieurs études sur l’impact des soins maternels durant la période néonatale, en comparant les comportements de chiots en fonction de la quantité de soins maternels reçus. Les chiots de 2 mois étaient placés dans un environnement inconnu puis face à une personne inconnue.

Ceux ayant reçus beaucoup de soins maternels exploraient davantage leur environnement, s’approchaient facilement de la personne et mettaient plus de temps avant de présenter des signes d’inconfort. Au contraire, les chiots ayant reçus peu de soins maternels présentaient plus de comportements associés au stress.

En bref !

Pendant très longtemps, les études scientifiques, ainsi que les croyances populaires, ne se concentraient quasi-exclusivement que sur la période d’imprégnation (aussi appelée « de socialisation ») pour évaluer l’impact de l’éleveur sur les futurs comportements du chien. Aujourd’hui nous savons que celui-ci joue un rôle clé dès la fécondation de la mère.

Au-delà des questions de sélection génétique pour des problématiques de santé, le choix de l’éleveur est, encore une fois, capital. Pour des chiots équilibrés dès la naissance, il est primordial d’offrir une qualité de vie bienveillante et sereine à la chienne gestante.

CEPENDANT, l’éleveur ne fait pas tout !

Si votre chiot démarre sa vie avec certaines prédispositions, aucun comportement n’est définitif. Grâce à sa plasticité neuronale, la capacité de modifier ou de créer de nouveaux comportements, votre chien peut apprendre et évoluer toute sa vie. Et cela, dépend de votre responsabilité !

Laisser un commentaire

© Amikanin | 2022.

Réalisé avec ❤️ par Bagheera Production

Éducateur canin Comportementaliste Diplômé d'état

%d blogueurs aiment cette page :